vendredi

13.






la liste :


- faire ma valise pour rome.


- prendre un bain chaud.


- dormir plus de six heures d'affilée.


- prendre un verre avec les gens de galien.


- rentrer chez lola à cinq heures du mat' en taco.


- faire le tour des friperies avec anna et isis.


- partir en week-end à londres avec les souvlaki's.


- vivre en autarcie pendant deux jours dans les bras d'étienne.


- m'asseoir devant notre-dame pour songer à l'ampleur de ce que peut entreprendre l'humanité à la gloire du vent.


- passer devant la bpi et ne pas y entrer.


- faire un bal costumé chez pascal.


- prendre un café au père tranquille, avec un sartre et feist qui chante.


- faire une de ces soirées t.c. dont on a le secret.


- apprendre à écrire à mon frère de onze ans qui ne sait pas orthographier "encore" correctement.


- faire une soirée star ac' et regarder les cours de tecktonic en option.


- poster la lettre à la rédaction de marianne.


- faire un tour sur les bords de seine, derrière arthur, à dos de vespa.


- m'accroupir à la pointe du square du vert-galant, les pieds dans l'eau, et soupirer un grand coup.


- aller porte des lilas, trouver l'appartement, m'asseoir sur un banc, et noircir du papier en souvenir de ses yeux.


- et, me lover dans un fauteuil pour regarder des films d'audiard, jusqu'à ce que mort s'ensuive.

mardi

12.

y a des gens, ils me font rire. à m'en rompre les zygomatiques. quand ils finissent par devenir plus pitoyables qu'hilarants, quand je commence à m'demander à quoi bon les écouter me débiter leurs monstrueuses conneries vides de sens et d'intérêt, je n'ai qu'une chose à faire pour retrouver le sourire.

une chose, elles.



































MON CREW. la t.c.














































MES SOUV'. les souvlaki's, le seul groupe où on joue du briquet et de la brosse à cheveux.

11.


la coquette.


elle vit dans le lieu commun.

laissez votre regard s'attarder sur cette cascade de cheveux qui poussent comme des lianes sur cette tête faussement ingénue. la coquette les chérit indiciblement : elle les touche sans arrêt, semblant vainement vouloir donner vie à cette masse, finalement constituée de pauvres poils lassés d'un tel dérangement. elle tente de leur conférer des formes et des odeurs censées réhausser la fadeur de son visage, mais ne parvenant qu'à évoquer une nature morte ratée.

prêtez d'ailleurs quelques instants attention à son visage, et vous partirez dans un fabuleux éclat de rire. traversé de mimiques, de manies, et de pauvres rictus qui rendent hilare son vis-à-vis, le visage de la coquette est un paysage.
un paysage de niaiserie.

cette mièvrerie insupportable, elle s'évertue à la baver dans un perpétuel sourire. pauvre sourire usé par le néant qui lui fait face, las d'exister sans but aucun. las de sourire à tout pour finalement ne plus sourire à rien. la coquette est ainsi, elle arbore un sourire à pleurer d'ennui, tant il transpire la connerie.

allez donc savoir pourquoi froncer le sourcil, singer la moue boudeuse, multiplier les clins d'oeil et lever bien haut le menton. peut-être pour attirer l'attention. car la coquette, bien que pétrifiante de bêtise, est un animal à plaindre. cherchant à tout prix à concentrer les regards, elle utilise sans peur du ridicule aucune toute la palette de moyens que la connerie contient.

et vacillant ainsi, finit par s'écraser dans un fracas fabuleux au fond du gouffre du pitoyable.

lundi

10.







fragments du discours amoureux.

l'amitié mondaine est épidémique : tout le monde s'attrape, comme une maladie.




il est dix heures du matin. entre deux poteaux usés, un vieil homme à la barbe emmêlée porte une bouteille de whisky à sa bouche. il a le visage buriné par la rue. il s'essuie les lèvres d'un revers de la main, laissant ça et là quelques gouttes échappées du goulot. je m'arrête quelques secondes, l'écoutant babiller avec le vent, tentant vainement de percevoir la folie à travers les mots. l'asphalte était maculé de pas à jamais perdus, et la seule chose à laquelle je songeais c'était à la photo qu'il aurait prit de ce vieil homme. j'ai monté le volume de la chanson jusqu'à ne plus entendre ma propre respiration, histoire de ne pas porter attention au soupir qui venait de sortir de ma bouche.