
la mère - comment peut-on savoir quand tout disparaît ?
j'écoute cat power, toutes lumières éteintes. sentir le souffle qui s'étrangle doucement, sans bruit. laisser l'âme se démêler, tenter de se dépêtrer de pauvres soupirs enlacés. les instants hors du monde, ça ne fait qu'une bouchée de vous pour mieux vous faire oublier ce que répit veut dire. les instants où on effleure le goût du silence. il ne s'échappe plus à sa guise, on le tient au creux d'un souffle, assez pour le faire courir entre les derniers murmures du matin. le ciel s'étire et se gonfle d'une couleur sans pareil, comme un rien qui tire les esprits d'une transe doucereuse. cela n'a rien à voir avec une effluve nouvelle, ce n'est rien d'autre que quelqu'un qui marche en équilibre sur le trottoir de l'avenue dans la nuit qui se meurt, une porte qui claque sans l'ombre d'une rancoeur, et peut-être un coin de sourire oublié. quelque chose qui piétine le regret, pieds nus dans le petit matin.