dimanche

20.



- tu te souviens, c'que tu m'as dit, la dernière fois ?
- oui.
- alors qu'est c'que t'attends ?
- un coup de vent.




continuer notre histoire pleine de bruit et de fureur. je martèle ça tout bas, au rythme de mes pas sur le sol détrempé. continuer. notre histoire. pleine de bruit. et de fureur. j'ai pas peur, j'ai juste froid. il faudrait ne rien avoir à perdre. et lancer à pleine vitesse des voitures dans la mer, savoir marcher sur les arêtes des trottoirs sans perdre l'équilibre, ne plus donner un sens à chaque chose, vivre à en avoir la tête qui tourne et le souffle court. on souffle et tout ces mots s'envolent, on croit qu'on est d'aplomb et on vacille sans cesse. tout ça, finalement, c'est du cinéma. godard disait que le cinéma fabrique des souvenirs.
d'ailleurs, en voilà un. c'est beau. tellement plus beau que toutes ces voix qui s'entremêlent à qui mieux-mieux, rêches, acerbes, grandiloquentes et risibles, qui paraissent vides de sens à côté des deux phrases apposées de ce pauvre souvenir qui vivote à peine. c'est la voix d'anna karina qui rebondit sans relâche sur l'eau.



qu'est ce que j'peux faire. j'sais pas quoi faire.

vendredi

19.




le Beau.

c'est ce qui est commun à toutes les choses belles, ce qui fait qu'elles sont belles. voilà l'idée. l'idée du Beau. si on me demandait de définir le Beau, je dirais. je dirais cela.



le Beau, c'est la nuit qui tombe sur le pont des arts, c'est courir à en perdre haleine à une heure du matin sur une avenue interminable, et rire à en faire frémir les pavés, c'est boire sur le champ de mars avec deux milles personnes et tout à coup la tour eiffel scintille, et un fabuleux soupir d'étonnement s'élève de la foule, c'est s'arrêter en pleine forêt, les fougères qui craquent dans le froid, la fumée des cigarettes et les souffles qui se confondent, et son sourire, c'est courir sur une plage en plein mois de novembre, c'est passer des soirées assis à quinze dans une pièce à discuter de tout et de rien, c'est passer une nuit dans une chambre d'hôtel à athènes, avec des gens innatendus, à mélanger toutes les langues possibles et imaginables pour tenter de saisir l'instant en plein vol, c'est être assis sur un trottoir romain à trois heures du matin à songer à la soirée qui vient de se dérouler, c'est pleurer dans le métro du mélange d'une note et d'une phrase d'un bouquin, c'est être allongée sur la grand' place de bruxelles, la tête sur des pavés mal agencés, à regarder les nuages se faire et se défaire, c'est, en ne faisant que regarder une personne particulière, ressentir à en crever, c'est un train qui s'en va sans remplir une attente, c'est jouer les filles de l'air et arriver frigorifiée en pleine nuit pour partager une couette à peine assez chaude pour deux, c'est un balcon et trois filles à une heure du matin, le boulevard saint germain et nos rires qui résonnent à en réveiller tout Paris.

c'est rire de ses erreurs de jeunesse, de ces monumentales conneries qu'on ne doit jamais regretter.



je ne suis capable que d'une chose. émettre des opinions. l'Idée est bien trop objective à mon goût.
c'est pourquoi, selon Mme F., je ne fais que remuer du vent et mettre en scène ma névrose.







jeudi

18.






parce que lee tahigofe pl ppt tonnt en t9 abc.

vendredi

17.




le je ne sais quoi.


il est dans un regard, dans le coin d'une bouche qui se relève en tremblant. il est dans la mélodie d'un rire, dans la façon dont parfois certains gestes modèlent l'air inconsciemment.
elle est là, sur son estrade, voix magistrale et propos majestueux, semblant porter la littérature à bout de bras, et la monture de ses lunettes qui vacille doucement. elle dit que le je ne sais quoi à sa place dans la confiance classique, et que selon tout un tas de gusses plus ou moins crédibles, avec un peu de méthode et de patience, tout est réductible au discours.
je n'aime pas ce genre de phrase toute faite. on introduit part tout, on place être au bon moment, puis un joli complément un tant soit peu cohérent. j'ai envie de crier. à descartes qu'il n'y a pas que la méthode, à kant qu'il se fait une idée du monde foutrement erronée, à rousseau qu'il débite un tas de conneries sur le comédien, à agamben que c'est beaucoup de bruit pour rien. les gens sont cons, alors ils diront que je ne suis qu'une pauvre gamine imbue d'elle-même, qui dénigre des génies d'une telle ampleur, aucun ne trouvant grâce à ses yeux. foutaises. à quoi bon citer tous ceux qui me font frémir ? cela n'avance à rien. il n'y a rien de plus creux qu'une liste de noms.
elle dit que le je ne sais quoi est poétique. comment peut-on se glorifier de qualifier le je ne sais quoi puisque son essence-même le veut irréductible au discours ? elle théorise et tout cela me fait songer à une superbe farce.
je pourrais presque en rire. presque. si cela ne me tenait pas tant à coeur, si je ne passais pas des heures assise devant cette photo, à vainement tenter de définir le je ne sais quoi. ce n'est pas en théorisant et en alignant les propos pompeux qu'on peut y parvenir, mais en ressentant, quoi qu'on en dise.


je pourrais presque en rire, si toucher du doigt le je ne sais quoi n'était pas si éreintant.

mercredi

16.




EST CE QUE TU AS DES POILS ?




Rome. savoir goûter à l'instant présent sans se soucier de celui d'après. qu'importe les cernes qui creusent nos visages, tant qu'on garde en mémoire ces rires qui s'élancent dans la nuit romaine, chancelant entre les pavés mouillés par la pluie d'automne, titubant hilares au milieu des immeubles aux couleurs poudrées.






la rubrique on pose le décor :






mathou et sa manie des glaçons.









léa et son déhanché à la fatal bazooka.











lola et son rire inimitable.








marine et son potentiel connerie.




moi et ma façon de faire ma bouche sur les photos.






la rubrique mascotte :


















la rubrique en mode kosovardes :








la rubrique statue :














la rubrique Cuccagna :
















Le carnet :




Marine - y a un bruit qui sort de la poubelle.
Moi - mais oui, ça vient de la poubelle.
Lola - les filles, levez la tête, y a un écran.



Marine - Loulou est aux anges.



Loulou (à moi) - mademoiselle, faudrait peut-être appeler l'ascenceur si vous voulez qu'il vienne.




Marine - oh, les chambres elles sont tendues !
Alexandra - euh, ça c'est une buanderie, Marine.



Moi - c'est ghetto.
Marine - in-the-ghettooooo.



Marine - on doit passer tous en même temps dans le tourniquet ?



Marine - je te défie de soulever une colonne Marion !



Lola - tu m'étonnes...
Moi - peyton ?



Marine - gesticules tes doigts de pied.



Lola - on y va ou on fait caca ?



Moi (dans les catacombes) - ça sent la betterave.



Moi - elle pousse plus ta mèche.
Lola - normal, je l'ai lissée comme une porc.



Marine - c'est pas comme si j'avais pas une chatte, hein.



Mathou - en même temps on est à Rome, c'est normal qu'on boive du rhum.



Lola - j'ai l'impression d'être chimique avec ce dentifrice parce qu'il est vert fluo.
Moi - boloss.
Marine - t'as essayé de parler, Marion ?



Moi (après un bruit dans les toilettes) - boloss, me dit pas que tu t'es enfermée ?
Marine - JE FAIS CACA, TU VEUX PEUT-ÊTRE VENIR ?



Moi - ce soir Marine tu pousses, je m'en fous tu défonces la cuvette, mais tu pousses.



Marine - aimer les chats, ça veut tout dire.



La guide - et ça cé oune pomme dé pin.
Lola - alors il était peut-être garde forestier.



Mathou - madame, mais il s'en va le car.
Mme R. - bah oui, bien sûr !
Mathou - MAIS Y A MON MANTEAU A L'INTERIEUR !
Mme R. - mais non Mathilde, il part pas, vous croyez pas qu'on va faire soixante kilomètres à pied.



Nounou - je suis enchantée par ces oliviers.



Marine - vas-y j'l'ai pas sur moi là... j'voulais manger le p'tit pain... le truc de la croix rouge là.



Léa - tu crois que ces marches sont d'époque ?
Léa - oh, y a une pile d'époque.



Moi - les noich, ils sont trop pas marrants.
Léa - boh, j'aime bien manger chinois moi.



Mathou - moi je trouve que descendre les escaliers, ça détend, ça fait faire des nouveaux mouvements aux pieds.



Lola - bah, il est renoi Jésus.



Mathou - trouve ton pet intérieur.



Léa - lendemain de fête... caca qui fouette !



Moi - le mieux dans les cacas, c'est la crotte fantôme.



Moi - demain, on va au tican.



A. - je suis allé faire une promenade.



Marine - je suis pas si j'peux m'gratter au milieu de tous ces tableaux.



Moi - on a une chatte mo-nu-men-tale !
Mathou - comme Rome !



Nous - elle me rend dingue dingue dingue dingue quand elle a son boum boum short.
Mathou - c'est qui qui chante ça ? Nuttea Bi, non ?



Léa (à moi, assises à la terrasse d'un café) - t'as pété !
Moi - mais chut, chut.



Mathou (parlant du pape) - il marchait, avec sa petite kippa.



Marine - l'autre jour, j'me disais : y a tellement de visages différents, quand même.



Marine (ôtant une de ses peaux mortes) - est ce que quelqu'un a faim ?



Marine - j'ai oublié mon ipod.
Moi - t'as les seins qui collent ?



Moi - ils parlent quelle langue ?
Mathou - la langue des cons.



Moi - est ce que t'es encore faite ?
Amélie - caca ?



Mario - you have such a good ass.



Mathou - Claudio, i love your ass.



Nous - putain, il est vraiment trop beau. avec sa combi qui lui moule le cul.
Léa - et son vieux slip de merde.



Amélie - Farah elle a perdu sa carte de séjour... c'est comme moi une fois j'ai perdu ma carte de cantine et on me l'a mise dans ma boîte aux lettres.



Moi - Marine avec son parapluie tout pourri c'est un aimant à paki.



Marine - elles ont pris trop cher les Geox d'A.



un garçon court après des pigeons.
Lola - Marion, il fait peur à ta famille.
Moi - oh tu saoules. moi quand on a vu un rat, je t'ai pas dit fais attention y a ta famille.
Lola - c'est normal je suis pas un rat, je suis une souris.
Moi - bon bah, à tes cousins.



Moi - j'ai une idée...
Lola - non Marion, on ne fait pas de la luge.
Moi - oh... j'ai une autre idée.
Lola - non Marion, on ne vole pas le bus.
Moi - oh tu saoules.



Moi - Marine, tu fais quoi là ?
Marine - je te fais profiter de mon haleiiiiiine.
Moi - ah tu fouettes !



Marine (sur la place, seule, devant l'église) - muchaaaaa jolaaaaandaaaa.



Mathou - mais on est dans un vrai lieu là ?
Nous - hein ?
Mathou - enfin j'veux dire, on a trouvé les fresques ici ?
Léa - oui oui, je pense même qu'elles étaient déjà sur les murs.



Moi - oh y a un film qui s'appelle je te bourre le rectum. ah, non. c'est the bourne ultimatum.



assises comme des loques sur un canapé en cuir dans un musée de fresques du premier siècle.
Moi - on est un peu comme une animation : t'appuies sur un bouton on pète, sur une pédale on rote. on sait tout faire.



Moi - il est frais ton candy'up ?
Léa - bah ouais, y a un congélateur dans mon sac.



Moi - Donatello, un vrai gentleman.
Lola - c'est surtout qu'il voulait nous baiser.


Léa (à Mathou) - avec tes vieux pieds comme des pitch, là.

mardi

15.





je n'y avais pas même songé depuis plusieurs mois, et le souvenir a refait surface. comme une vieille photo jaunie retrouvée par hasard.
j'ai tenté de me remémorer son visage, de retrouver quelque part son odeur, de saisir son rire à nouveau. ne percent ça et là que l'esquisse d'un regard et le coin d'une bouche.
j'ai relu les messages qui croupissaient au fond de ma boîte de réception. quelque chose comme des belles phrases remplies de l'angoisse de l'oubli. des je t'embrasse joliment emberlificotés, quelques foutaises sur l'attente et une grande mascarade de l'impatience. c'est là que je me suis mise à rire, quand s'est affiché le " promets que tu ne m'oublieras pas ".
il était deux heures du matin, l'appartement grinçait dans son sommeil, et de cette histoire il ne reste qu'un pauvre goût âcre au fond de la bouche. le sentiment d'avoir cédé à une passion fortuite. j'entends son pauvre ego repu ricaner à trois cents kilomètres, et je ris moi aussi.
dans cette course au bonheur, je ne sens même plus le goût de ta bouche sur la mienne. je l'ai laissé mourir sous un autre, auquel j'ai plaisir à m'abandonner.

dimanche

14.






non.
c'est pas le hasard.
le hasard, c'est pour les gens qui se croisent.
nous, on s'est rencontrés.


Simon, le dernier gang.