si vous n'aimez pas la mer.
si vous n'aimez pas la montagne.
si vous n'aimez pas la ville.
allez vous faire foutre.
c'était un jeu. un jeu avec un hippopotame en plastique vert. il fallait enfoncer ses dents, mais il y avait une dent piégée. la dent du perdant. quand on enfoncait celle-là, la gueule en plastique de l'hippopotame se refermait sur vos doigts. et ses yeux en carton pâte reflétait une sorte de contentement atroce.
c'est une mascarade. on tousse imperceptiblement pour s'éclaircir la voix avant d'entrer en scène, on passe la porte, le rideau se lève, on arrange ses cheveux, et on réprime ce rictus affreux qui ne se laisse plus faire aussi facilement qu'avant. sinon, tout s'effondre. en attendant, ça s'émiette paisiblement, l'air de rien, et vous continuez à avancer sur la scène, comblé de ce rôle qui vous empêche de sombrer dans l'ennui diurne. la nuit, ce n'est pas pareil. on meurt un peu. dès que le moindre à quoi bon vous assaille, vous sortez côté cour. histoire de remettre d'aplomb ce qui vous sert de visage. dans visage il y a vie. c'est ce qu'on croit. jusqu'à ce qu'on se rende compte que sous l'estrade, trône un deus ex machina qui va bientôt entrer en scène. et lui, il rit, figurez vous. il rit pour de bon, il rit grand, son rire ronge le bois de l'estrade qui s'émiette de plus en plus, il envahit le théâtre tout entier, rampe le long des colonnes ouvragées, court le long des statues effarées, glisse entre les balcons dorés, raye le parquet ciré, crisse autour des sièges usés, et hurle, hurle, hurle, HURLE.
rideau.
1 commentaire:
je traîne ici. c'est doux et bon d'être chez toi. Merci, merci.
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