jeudi

35.






write as if you were dying.
at the same time, assume you write for an audience consisting solely of terminal patients.
that is, after all, the case.
what would you begin writing if you knew you would die soon ? what could you say to a dying person that would not enrage by its triviality ?
write about winter in the summer.




j'ai perdu le goût des mercredis après-midi d'antan. ceux où je me haussais sur la pointe des pieds pour atteindre le rebord du balcon. il y avait une odeur de sève, et j'étais soulevée de terre dans un grand éclat de rire. mais il y a longtemps que je n'ai plus besoin de me mettre sur la pointe des pieds pour atteindre le rebord. alors je cherche le goût de ce mercredi, le ciel était sans faille, on en plissait les yeux de plaisir, on s'était assises dans le square, au ras de la seine. on s'étaient déchaussées, allongées, repues de soleil. il y avait ces notes sur kant, et puis la seine, et nous sur ce petit îlot, on aurait tant aimé s'y perdre, rien qu'à peine. on avait fait le tour du luxembourg à vélo, puis du 6ème entier, l'ivresse d'une liberté volée posée sur nos visages. on était même allées voir comment c'était, là-bas, derrière le panthéon. on l'a tellement sacralisé, cet endroit mythique, on avait presque l'impression qu'il était interdit au commun des mortels. en vérité, il est aussi gris qu'un poivrot à l'heure du ricard, gorgé de jeunes gens engonçés dans des costumes étriqués. on était reparties comme on était venues, filles de l'air d'une après-midi, et à ce moment-là, kant n'avait plus, dans notre esprit, qu'une maigre signification. mais il faut cesser de ressasser de tels instants.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

ces mots.