
le visage fatigué à force de s'émousser contre l'oreiller. ça sent encore la nuit, et je relis quelques bribes de passé qui jaunissent au fond d'un tiroir. des mots dont on lit sans peine la bêtise vainement dissimulée, l'hypocrite mouvement qui cherche à vivre une sensation construite sur des bouts de bois chancelants. ahah, pauvre râclure. pauvre, pauvre petite enfant qui fait semblant. tu me fais peine, je verserai presque des larmes si seulement il m'en restait un peu pour quelque chose d'aussi insipide que ta vie en carton pâte. c'est moi qu'il emmènera. ces visages émaciés, ces instants saisis au vol, l'odeur de l'oisiveté, la vie qui coule tranquillement entre les doigts, si tranquillement qu'on peut la regarder sans en avoir peur. ici, j'ai peur. et tout ça est à moi. il n'y a pas à tergiverser là-dessus. si je ne suis pas certaine de faire de grandes choses, je sais pertinemment que tu n'en feras aucune. et que c'est lui qui m'emmènera, et que c'est moi qu'il emmènera, et qu'un jour dans une rue dans la nuit sans autre lumière qu'un regard je hurlerai dans un fabuleux frisson, tu vois, tu vois, tu vois. je savourerai l'instant comme on savoure la dernière minute.
1 commentaire:
"La vraie tendresse, c’est le geste arrêté dans le temps. "
P.Delerm
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