
il était dix huit heures, de ces jours où la nuit tombe sans qu'on y prenne vraiment garde. j'étais sur le chemin du retour, les joues un peu glacées par le vent qui rôde à la tombée du jour. d'où je venais et où j'allais, il paraît que cela importe peu. à marcher sans but aucun, on finit par se poser des questions. ces questions qui nous font faire avec nous-même des paris vides de sens.
si j'arrive au bout de la rue avant de compter jusqu'à dix, alors. si je fais encore cent vingt quatre pas sans entendre mon talon crisser sur le sol, alors.
si jamais le feu clignote encore, alors.
je n'ai pas été chercher si loin. il n'y avait que moi sur cette longue avenue, rien que le bruit de mes pas sur le sol détrempé. alors j'ai juste parié : s'il se passe quelque chose, à l'instant, alors. à peine avais-je fini ma phrase qu'un gamin sort d'une ruelle en chantant.
j'aime la galette, savez-vous comment ? quand elle est bien faite, avec du beurre dedans.
lalalalala
il a trottiné un moment devant moi, continuant à chanter comme si de rien n'était. il a tourné dans la ruelle suivante et il a disparu.
j'ai levé les yeux au ciel et j'ai dit " d'accord ".
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire