vendredi

19.




le Beau.

c'est ce qui est commun à toutes les choses belles, ce qui fait qu'elles sont belles. voilà l'idée. l'idée du Beau. si on me demandait de définir le Beau, je dirais. je dirais cela.



le Beau, c'est la nuit qui tombe sur le pont des arts, c'est courir à en perdre haleine à une heure du matin sur une avenue interminable, et rire à en faire frémir les pavés, c'est boire sur le champ de mars avec deux milles personnes et tout à coup la tour eiffel scintille, et un fabuleux soupir d'étonnement s'élève de la foule, c'est s'arrêter en pleine forêt, les fougères qui craquent dans le froid, la fumée des cigarettes et les souffles qui se confondent, et son sourire, c'est courir sur une plage en plein mois de novembre, c'est passer des soirées assis à quinze dans une pièce à discuter de tout et de rien, c'est passer une nuit dans une chambre d'hôtel à athènes, avec des gens innatendus, à mélanger toutes les langues possibles et imaginables pour tenter de saisir l'instant en plein vol, c'est être assis sur un trottoir romain à trois heures du matin à songer à la soirée qui vient de se dérouler, c'est pleurer dans le métro du mélange d'une note et d'une phrase d'un bouquin, c'est être allongée sur la grand' place de bruxelles, la tête sur des pavés mal agencés, à regarder les nuages se faire et se défaire, c'est, en ne faisant que regarder une personne particulière, ressentir à en crever, c'est un train qui s'en va sans remplir une attente, c'est jouer les filles de l'air et arriver frigorifiée en pleine nuit pour partager une couette à peine assez chaude pour deux, c'est un balcon et trois filles à une heure du matin, le boulevard saint germain et nos rires qui résonnent à en réveiller tout Paris.

c'est rire de ses erreurs de jeunesse, de ces monumentales conneries qu'on ne doit jamais regretter.



je ne suis capable que d'une chose. émettre des opinions. l'Idée est bien trop objective à mon goût.
c'est pourquoi, selon Mme F., je ne fais que remuer du vent et mettre en scène ma névrose.







2 commentaires:

Anonyme a dit…

Oui Marion...
Nous mettons tous, exceptés les métaphysiciens, groupe auquel SFR se vante d'appartenir (je cite : "nous les métaphysiciens"), en scène nôtre névrose.

Après nous avoir démontré par A+ rien que nous na valions pas mieux que de la merde, inerte, sur un trottoir, et pour cause : nous n'avons pas fait l'ENS, l'être qui se compare à Agamben nous a proposé de nous rabaisser une nouvelle fois plus bas que terre en nous traitant de névrosés. Si bien sur, j'ai bien compris la portée (philosophique?) de son discours.

Alors voilà ce qui me pousse à écrire ce commentaire, illisible, imbitable, impersonnel et prétentieux au plus haut point, j'en conviens.

Puisque nous n'avons pas d'idée et qu'à priori, nous ne pouvons pas (encore?) en avoir, essayons de mettre en scène nôtre névrose de la manière la plus belle qui soit.

Qu'est ce que le beau? Aucune idée. Je sais ce que n'est pas le beau, et c'est par exemple l'homme que tu as mis en photo, ma bouche de canard, ou le nez de David.
Mais là n'est pas la question je le sais. Le beau, je crois que c'est moins la matière que ce que l'on en fait. Quoique... Je n'suis pas sur que remuer de la glaise avec un bâton soit quelque chose de particulièrement beau... encore que. Blablablabla...
Je m'auto-fais pitié à raconter nimp et à me prendre au sérieux.

Tu sais s'ke c'est que le beau hein? Nan? Ba c'est normal! Parce que tout ce que tu as écris, je ne suis pas forcément d'accord, et pourquoi? Parce que c'est subjectif, et parce que je n'aurai jamais le même point de vue que celui d'une fille qui traine dans les rues de Rome habillée et Kosovarde, et qui donne des réponses dignes de Philippe Candeloro au prof de Géo!

Sur ce Adieu! Ou à demain...

Anonyme a dit…

Magnifique ce ptit texte ma Marion
Love Love Love