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la photo est là, accrochée sur le fil prévu à cet effet. je reste des heures devant, attendant juste qu'il se décide à cligner des yeux. attendant qu'il crie qu'il n'est pas tout à fait mort, que tout ça, ce n'était qu'une grande plaisanterie. il sortirait du papier brillant, en époussetant le noir et blanc de ses vêtements. je connais déjà le son de sa voix, l'odeur au creux de son cou, et la barbe naissante qui se promène çà et là sur ses joues. en attendant, il ne bouge pas, le regard fou et la machoîre un peu crispée. un soir d'ivresse où la nuit tombe sans qu'on y prenne garde, il sortira de la photo. il me murmurera la part d'indescriptible que je ne peux saisir, et je rirai à gorge déployée. on ira s'asseoir dans les courants d'air, il aura même l'air vivant. à peine aurais-je frôlé sa peau qu'il disparaîtra.
histoire de ne pas briser les habitudes.
1 commentaire:
Marion, je suis là.
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